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Le fou et la vénus

Le fou et la vénus
Un peu différent de ce que je lis d'habitude, c'est ici un poème en prose de Baudelaire. Je préfère généralement les poèmes en vers mais celui-ci n'est pas si mal, surtout la manière dont la splendeur du jardin contraste avec la tristesse de la scène du fou aux pieds de la statue. On ressent d'ailleurs toute la haine envers lui-même de ce dernier, ainsi que son sentiment d'impuissance au point de se confier à une représentation de la déesse de l'amour.

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Quelle admirable joure ! Le vaste parc se pâme sous l'½il brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l'amour. L'extase universelle des choses ne s'exprime par aucun bruit; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien difrentes des tes humaines, c'est ici une orgie silencieuse. On dirait qu'une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets ; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l'azur du ciel par l'énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l'astre, comme des fues. Cependant, dans cette jouissance universelle, j'ai aperçu un être affli. Aux pieds d'une colossale nus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le remords ou l'ennui les obsède, affublé d'un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sornettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l'immortelle déesse. Et ses yeux disent : "Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inrieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle beau ! Ah ! déesse ! Ayez pitié de ma tristesse et de mon lire." Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.




"Got it memorized ?"

Gofterdom
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# Postato giovedì 02 novembre 2006 12:15

Modificato giovedì 02 novembre 2006 14:08

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